Cauchemars, cauchemars, il n’y a plus d’ex, ROAAAR !

Ça ne va pas si bien que ça, en fait.

Cela fait déjà plusieurs semaines, en gros depuis le dernier rendez-vous chez Psy Carré (à peu près) que je dors moins bien, que je me réveille trop tôt ou trop tard, soit vers 4h30 du matin, soit vers 10h30 comme hier.
Et aujourd’hui j’ai eu droit au bonus cauchemar sentimental au réveil.
En gros, je rêvais que mon ex était venue me rendre visite chez moi, sauf qu’elle s’était amusée à déposer son pyjama dans ma chambre, sur mon lit. Et qu’en allant lui expliquer que ce ne serait plus jamais possible, je me rendais compte que la porte d’entrée de mon appartement était grande ouverte, le balcon aussi et que mon chat était en train de s’aventurer dans l’appartement mitoyen via le balcon, sans aucune surveillance de sa part, et comble du comble, que l’électricité ne fonctionnait plus.
Là, mon sang, dans mon songe, n’a fait qu’un tour et j’ai commencé à avoir des mots avec mon ex, jusqu’à ce que je lui dise que j’amais trop mon chat pour le laisser filer où il veut au risque de le voir écrasé par une voiture, ce à quoi elle me répondit en me demandant si elle je l’aimais. Et à quoi j’ai répondu en chialant que oui, que c’était évident, que ça n’avait jamais cessé d’être vrai, mais que même si j’étais effondré de n’avoir pas réussi à exprimer mes sentiments pour elle durant notre relation, c’était derrière nous, qu’il fallait passer à autre chose, parce que je n’en serais pas capable malgré cela, même si je le voulais très fort…
Ce qui eut le don d’apaiser immédiatement mon ex-de-rêve, et de finir mon cauchemar par un réveil dans la réalité, un réveil douloureux, mais sec. Avec en fond la voix du Bison du dessin animé Street Fighter qui me répétait "Cet endroit n’est pas le fruit d’une illusion", avec un écho de dingue, un peu façon cathédrale, le froid du son y compris.
Comme si mon esprit me répétait que non seulement j’aimais toujours mon ex, mais qu’en plus il ne fallait pas croire que cet amour était illusoire… Que rien n’était fini.

Je déteste ce genre de cauchemar. Au moins les cauchemars sur fond d’HP ne laissent pas ce goût de douleur intime en bouche.

Là, c’est comme si mon esprit m’avait hurlé que j’étais un abruti fini.

Et ça fait quelques semaines déjà que les réveils matinaux trop précoces durent, que je fais des nuits très courtes à base de sommeils hachés au rythme d’un cycle entre deux réveils carabinés.

Et au final, des nuits que je récupère le matin jusqu’à midi au moins.
Et au final, des nuits où je sens bien que je n’ai pas sommeil au moment de me coucher.
Des nuits comme ça, il y en a plein en ce moment et je ne sais pas pourquoi.

C’est juste horrible à supporter.

J’aimerais beaucoup fêter mon année entière de bien-être… J’y suis presque.

Mais pourquoi la rémission doit-elle être si chaotique là où il n’y a aucun événement négatif dans ma vie consciente ?
Je veux m’en sortir, mais mon esprit semble me hurler que je suis encore un miroir brisé et irréparable..

Bon… Allez. On va dire que c’était une mauvaise nuit et que ça va se réguler gentiment. Peut-être s’agit-il d’une mauvaise période à cause de souvenirs difficiles, genre du bonheur de ma relation avec mon ex, au début. Avant que tout ça soit officiel.
Peut-être que la rentrée se passera mieux, surtout qu’il y aura à nouveau le club photo pour m’occuper. C’est p’têt aussi ça qui me manque… Juste ça.

Allez. Bonne matinée à tous.

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Trois ans.

Trois ans. Ce blog a trois ans et j’ai du mal à le réaliser.
Bon, des blogs aussi vieux, il y en a plein les tréfonds d’Internet… Mais un blog qui marche comme le mien (bon, on va dire qu’il marche gentiment. Ce n’est pas un incontournable de WordPress, c’est même plutôt un blog peu connu, mais tout de même, il n’est pas aussi passé sous silence que je l’aurais cru lorsque j’ai décidé de le créer.

Mais ce n’est pas tellement ça qui m’empêche de clairement réaliser.
Le truc qui me cloue littéralement, c’est de voir l’évolution du personnage que je suis, moi, Numenuial, sur toute cette durée. Je suis passé d’un niveau que je qualifierais parfois de °Oo_DaRk_SaSuKeRoXX0R_du_69_oO° (je vous épargne le choix de couleurs qui va avec ce genre de pseudo. Je suis trop bon, je sais. Surtout avec un peu de moutarde.) à un niveau de presque normalité, genre Mich’Mich qui va chercher son pain chez la boulangère et qui va lire son journal à sa terrasse.

… J’ai dit "presque" ! Pas la peine de ricaner méchamment, j’vous entends, là, les deux cinq dix cent mille du fond….

Grrrrmmmblblb, les jeunes de nos jours… De mon temps on allait à l’école dans la neige, dix kilomètres à pied, et à Noël on avait une orange et on se plaignait pas….

Bon, d’accord, ma vie ne ressemble pas à celle de Mich’Mich. En fait je vis une existence paisible, loin de toute contrainte liée au travail salarié entrecoupée d’injections de Xeplion toutes les trois semaines et de séances photos quotidiennes.

Tenez, par exemple aujourd’hui, je suis allé à un petit concert Rock organisé par la ville. J’ai pu faire des photos, c’était chouette.
Mais il y a encore un an, je me serais chié dessus à l’idée de faire cela.
Maintenant, j’ose prendre la parole à mon club photo (!), d’ailleurs je vais à un club photo (!!) et en plus on m’a permis de me sentir à l’aise dans un groupe, ainsi (!!!). Pour un peu, je demanderais bien où est cachée ma poupée vaudou…

Bref.
J’en viens à ce que j’avais en tête en écrivant ce billet des trois ans.
Plus que de faire un compte-rendu annuel de ce blog, j’avais envie de faire un retour sur ce que disent souvent les gens qui vont bien, pour qui tout va bien, aux gens qui vont mal.

Vous savez, soit parce que vous l’avez déjà dit, soit parce qu’on vous l’a déjà dit : pour aller bien, il faut se bouger, sortir, voir du monde, bref, ne pas se renfermer sur soi.

C’est une phrase très très TRÈS con… Et pourtant c’est du pur bon sens.
Le problème, c’est que le bon sens manque de subtilité, bien souvent.
En fait c’est évident que c’est en entrant dans ce cercle vertueux de la vie sociale positive, en allant vers les autres et vers la vie, qu’on finit par aller mieux, bien mieux.

Le problème que ne comprennent pas les gens qui répètent à l’envi ce genre de phrase (et si vous en êtes, s’il vous plaît lisez ce qui va suivre, c’est important) : c’est qu’on ne choisit pas quand on va réussir à entrer dans ce cercle vertueux. Les cercles dans lesquels sont les gens qui souffrent, ces cercles vicieux, aspirent littéralement la personne, un peu comme une fourmi est aspirée par la bonde de la baignoire qui se vide. Et l’image est assez exacte, on est aspiré par un vortex contre lequel on ne peut pas lutter.

Les médicaments, que ce soit contre la dépression, le trouble bipolaire, la schizophrénie, les TOCs, les phobies et j’en passe… ne font que vous donner la possibilité de vous retrouver contre la paroi de la baignoire à mieux supporter le courant, à pouvoir vous accrocher contre vents et marrées, le temps que vous repreniez des forces.
C’est une question de force manquante, ce qui empêche les gens qui souffrent d’aller vers les autres. Les médicaments sont là pour leur donner le temps et l’occasion de souffler.

Je vous garantis que personne, strictement PERSONNE n’aime souffrir ou déprimer.
Les préjugés du genre "celui-là il aime se rouler dans son caca/se complaire dans son malheur", c’est de la merde radioactive enrichie.
En fait, si certains se donnent l’impression d’aimer leur malheur, c’est uniquement qu’ils ne voient rien d’autre et qu’au moins, leur malheur ils connaissent et "savent" à peu près survivre avec. Un peu comme une fourmi qui aurait un caillou à transporter dans la flotte. Elle sait faire et elle ne lâchera que quand elle saura ne pas pouvoir faire autrement.

Comprenez que des tas de gens vivent malheureux et préfèrent leur malheur connu à un saut dans l’inconnu, car pouvant être porteur de bien pire;  contrairement à ce qu’on croit, les gens qui souffrent savent très bien qu’il y a plus malheureux qu’eux, et c’est justement pour ça que souvent ils préfèrent être malheureux que tenter un coup de poker, même quand leur entourage prétend que c’est sans danger.

En fait, c’est seulement quand on a récupéré assez de forces, qu’on se sent prêt, qu’on franchit le pas et qu’on se lance dans ce cercle vertueux qui nous emmène jusqu’à la surface. Jusqu’au plancher des vaches.

Ne jugez pas ceux qui souffrent. Ils font leur possible pour s’en sortir et savent mieux que vous s’ils sont prêts à remonter. En aucun cas ce n’est de l’idiotie de leur part de ne pas remonter. Remonter à la force brute sans avoir les forces pour, c’est un coup à se noyer pour de bon.

Et vous, si vous êtes de ceux qui souffrent constamment, qui êtes malade, désespéré peut-être, voire suicidaire…

Sachez le : cette ombre ne fait que passer. Même les ténèbres doivent passer, un jour nouveau viendra et lorsque le soleil brillera il n’en sera que plus éclatant.

(Samsagace Gamegie est vraiment un chouette Hobbit. Vraiment.)

Surtout, si vous ne me croyez pas… Lisez ceci :

Il y a deux ans à peine j’étais sorti depuis quatre mois d’HP. En août 2014 j’avais encore un mois et demi à passer avant d’y retourner une fois de plus, et dans des conditions beaucoup moins faciles.

J’étais au bout du bout. Je pensais que je ne connaîtrais que ça : une vie morose entrecoupée de crises psychotiques se finissant à l’HP. Voire en isolement. Avec des injections mensuelles de neuroleptiques et une fatigue à décaniller un pangolin.

Deux ans plus tard, je suis membre d’un club photo, moi qui ne pensais pas possible de vivre une expérience positive dans un groupe quelconque. Mieux que cela, ils me font confiance pour tenir à jour le blog de ce même club. Avec leur confiance, leur soutien, j’en suis venu à oser prendre des photos dans la rue, tous les jours (ou presque). J’ai même représenté ce club pour des séances photos où j’étais le seul disponible. Et mes photos ont beaucoup plu !

Depuis, j’ai retrouvé un sommeil normal ! Une première depuis mon enfance. Je me lève et me couche à des heures normales (bon sauf ce soir, mais ce soir c’est "anniversaire". Alors hein.)

Depuis, j’ai retrouvé pour ainsi dire une banane d’enfer. Je suis même sorti pendant un an et demi avec une fille. UNE FILLE ! Et j’ai toujours de bons contacts avec elle… J’ai même surmonté sans trop de mal la rupture (Ça reste une rupture, hein…).

Depuis, pour la première fois de toute ma vie, mes parents n’ont plus peur pour moi, ne sont plus inquiets ou sur le qui-vive quant à mon état de santé.

Bref. La vie dont je ne rêvais plus…

Une telle vie est possible. Elle m’est tombée dessus un beau matin. Je ne sais trop comment. Mais je fonctionne toujours ainsi, par à-coups, et en deux ans les progrès que j’ai réalisés sur tous les plans (y compris médicaux : ma schizophrénie en est presque réduite au silence !) ont été colossaux.

Vous aussi pourrez y arriver. Peut-être plus vite, ou peut-être moins vite… Mais vous aurez votre tour vous aussi.
Surnagez, accrochez-vous, luttez.
Car au bout de l’enfer commence le paradis. N’abandonnez pas.

Et pardonnez ceux qui vous parlent maladroitement de vous donner un coup de pied au cul. Ils veulent vous venir en aide, mais n’ont pas la compréhension psychologique que requiert de vous venir en aide. Mais ils en ont l’intention. Donc ils vous aiment.
Il y a toujours, quelque part, quelqu’un qui tient à vous.
Si ça peut vous aider à rester sur cette Terre, pensez-y.

Et courage à vous.

 

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Nul…

Serais-je capable de citer honnêtement une qualité chez moi ?
Cette question je me la suis posé après avoir regardé une autre de ces sombres daubes télévisuelles qui font le quotidien de ladite lucarne.

Franchement, même avec la meilleure volonté du monde, je serais incapable de dire à voix haute une quelconque qualité chez moi… Parce que je ne pense pas en avoir.

Ou plus exactement, aucune qui ne mérite d’être couverte d’éloges.
En fait, j’ai deux trois "qualités" sympathiques : je sais faire des photos, je suis gentil, loyal… Mais pas plus que ce que n’importe quel glandu peut se vanter.
En fait c’est ça : je suis désespérément moyen, désespérément médiocre niveau personnalité.
Je sais qu’il existe pas mal de gens dans mon entourage pour affirmer le contraire devant moi.
Mais soit ils sont hypocrites, soit ils ne sont pas objectifs. Je ne vois pas d’autre explication.
Pourquoi ?

Parce que j’ai beau chercher, je ne trouve rien qui me différencie fondamentalement des autres. On exceptera la schizophrénie qui n’est pas une option personnelle choisie mais une maladie.

Voilà, le constat est là : je ne crois pas posséder la moindre qualité qui me singularise un tant soit peu de la foule.
Ma personnalité est plate, linéaire, prévisible. Mes talents sont tous des talents médiocres voire carrément des non-talents.

Et ne citez pas la photo par pitié ! Car oui je pratique la photo, mais je suis loin, très loin d’être bon. Il me manque l’essentiel : un sens artistique.

Quant au don pour l’orthographe, ce n’est une qualité que pour les Grammar Nazis, les autres s’en moquent voire s’en agacent.

 

 

 

En même temps je sais qu’on est tous censés être assez différents d’autrui pour avoir une chose dont être fier.
Mais je n’y arrive pas. Je n’arrive pas à me dire fier de moi ou fier d’une quelconque qualité.

Parce qu’on m’a tellement bourré le mou avec l’idée que j’étais un raté, un asocial, un nul, un arrogant (par-dessus le marché je suis nul et arrogant), un lèche-bottes…

Que je n’arrive pas à m’enlever cette idée de la tête.
On me l’a trop profondément ancrée.

Je suis nul.
Et je resterai nul.

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Encore…

Encore un "attentat" (ça en a tout l’air en tout cas) en France.

Pourquoi est-ce que je me sens si concerné ? Pourquoi est-ce que ça me remue à ce point les tripes ? Je ne connais personne à Nice.

Ce n’est pas à cause de l’état d’urgence encore prolongé cette fois. On a fini par ne plus le voir ce régime d’exception, et même si ça ne me rassure pas pour la suite… Ben je n’y peux rien.

Ce n’est pas parce que des gens et des enfants sont morts. Il n’y a, a priori, personne parmi mes connaissances, qui soit mort. Par ailleurs, Nice c’est loin. Et comme on peut le comprendre aisément : plus un événement est physiquement lointain, moins il nous impacte.
Mais Nice est presque aussi loin que certains coins en plein coeur de l’Allemagne.
Et les attentats en Belgique n’ont pas autant marqué mon esprit.

Alors pourquoi ?

Parce que les victimes sont françaises ? Pas tout à fait.

Parce que nous sommes censés former une communauté nationale ? Parce que les médias de masse en parlent à tort et à travers ? Parce que tout l’internet français en parle en ce moment même ? Parce que c’était le jour de la fête nationale ? Parce que je m’étais fait la réflexion, lors du feu d’artifice chez moi qu’il aurait été facile de tuer des milliers de personnes dans ma petite ville avec pas plus de huit tueurs armés ?

Un peu tout ça.
Et aussi parce qu’on s’identifie plus à d’autres français qu’à des belges ou des marocains.

On est ainsi faits : ceux qui nous ressemblent, culturellement, physiquement, voire mentalement… Ceux-là nous sont plus chers qu’aux autres.

Ce n’est pas par fascisme qu’une Nation pleure ses morts, ce n’est pas plus par nationalisme, même si cet écueil devra être évité à l’avenir…

Si aujourd’hui, nous sommes affectés par ce massacre… C’est parce qu’on ne visait personne de particulier. On visait une communauté nationale entière.

Maintenant, cependant, je tremble à l’idée de ce qui va se passer. Qui va récupérer ces morts pour son propre intérêt. La réponse nous la connaissons déjà… Les charognards sont en route.

Pour les prochains jours, au moins, nous sommes tranquilles. Il faudra bien cela pour se faire à l’idée de ce qui s’est passé.

 

Put*** de m*****

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Angoisses chez la neurologue…

C’est "amusant" de voir combien certains événements mineurs peuvent avoir des répercussions importantes sur moi.
Pourtant, on peut dire que tout va de mieux en mieux depuis presque un an. Pas de nouvelle décompensation à l’horizon, pas de phénomènes hallucinatoires récurrents, ni de délires trop présents… Bref, le paradis. Pour un peu je me dirais presque stable.

Seulement mardi dernier, il y avait mon rendez-vous annuel chez ma neurologue.
Dame Épilepsie  n’est pas franchement très occupée avec moi depuis fin 2014. Ce n’a été en définitive qu’une visite de routine où j’ai fini par apprendre que je reverrai ma neurologue dans deux ans, sans retoucher au traitement.

Seulement entre la semaine précédant la visite et le moment où j’ai quitté ma neurologue, j’ai vécu dans une tension permanente, presque avec des moments de délire par moments.
La vraie, la grande tension nerveuse que je ressens traditionnellement quand je ne sais pas à quoi m’attendre.
J’ai même balisé pendant une demi-heure à l’attendre, à m’imaginer qu’on allait me chercher pour m’embastiller comme le fou que j’étais. Que ce n’était qu’un piège grossier et que mes parents étaient de mèche, bien que je savais ces pensées absurdes et incohérentes.

J’ai été d’humeur massacrante toute la journée du rendez-vous, et je dois m’estimer heureux d’avoir su contrôler un minimum mon humeur pour n’être pas trop insupportable.

Pourtant, il n’y eut rien de particulier à signaler : au contraire, tout allant bien j’ai rendez-vous dans deux ans au lieu d’un. Que demander de plus ?

Malgré tout, malgré cela… J’avais la hargne et l’angoisse au ventre.

Cela me fait toujours sentir assez minable, de voir à quel point je surréagis face à des événements de stress mineurs.

Pourtant je fais incontestablement des progrès en la matière : récemment, quelques jours à peine après ce rendez-vous, j’ai fait seul des photos au nom de mon club pour une EHPAD qui organisait un baptême de l’air avec ses résidents.
Et j’ai assuré comme un chef. Ou du moins je le pense…

Incontestablement j’estime que j’ai fait de beaux progrès depuis la première fois où j’ai ouvert ce blog.
Pourtant, il y a encore des trucs totalement banals ou peu stressants en théorie qui me filent le trouillomètre à zéro.

Je ne dois vraiment pas être fait comme tout le monde…
Je serais même schizo que ça ne m’étonnerait pas…
M’enfin, là, je dois certainement exagérer. Ça se saurait si c’était vrai. J’en tiendrais même un blog…

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Unmöglich ! Das geht doch nicht !

Je ne comprends pas…

Je ne comprends pas comment certains rêves -ou cauchemars- récurrents peuvent exister dans mon esprit.

Je ne comprends pas que je puisse cauchemarder d’une situation qui n’est jamais arrivée et qui soit si réelle.

Je ne comprends pas que je puisse régulièrement cauchemarder de me retrouver en HP, entouré d’infirmiers et d’infirmières cherchant à me faire venir sur un lit pour m’attacher les membres.

Je n’ai jamais vécu ça : pourquoi le cauchemardai-je ? Pourquoi y a-t-il autant de détails, de réalisme ? Pourquoi ai-je l’impression de le vivre, alors que de fait je n’ai pas pu le vivre ?
Et surtout, qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez moi à ce point ?

Déjà, rêver de l’isolement, passé la première année, je ne comprends pas. Parce que mon expérience de l’isolement n’a pas été tellement traumatisante… Ou en tout cas il y avait moyen de faire tellement pire. Je ne me suis pas rebiffé, ni rebellé. On ne m’a pas violenté. J’écoutais tout.
Pourquoi ceci revient sans cesse dans mes songes ?
Ce n’est même pas le passage de ma tentative de suicide là-bas qui revient. Juste cette impression persistante d’être dans un flou artistique total, et de me retrouver à nouveau entre quatre murs, chose dont je me rendais à peine compte, puisque je dormais tout le temps.

Et être attaché, je n’ai jamais vécu, et à moins que je délire complètement au point de menacer quelqu’un, ce serait étonnant que je connaisse ceci un jour.
Alors pourquoi ça me tourne en tête constamment ?

Si encore j’avais des symptômes plus parlants que ça. Genre un vrai PTSD / SSPT (syndrôme de stress post-traumatique) : là on ne pourrait nier, moi le premier, que ça avait pu me traumatiser.
Mais un simple cauchemar récurrent. Juste un cauchemar récurrent.
Le dernier en date avant ceux-là, c’était un cauchemar où je me noyais dans une piscine profonde comme l’océan. Et même si je n’ai jamais vraiment su ce que cela pouvait signifier, ça ne devait certainement pas parler de traumatisme, simplement d’un grand malaise persistant.

Alors quoi ? Il est où ce malaise persistant concernant l’iso ou le risque d’être attaché ?
Je l’ai aussi bien vécu qu’il m’était possible de le vivre. On ne vit pas bien un moment pareil mais j’y ai été d’un calme presque olympien. Pas heureux, avec des pensées suicidaires, avec une sorte de rage triste contenue en moi et des voix, mais rien d’autre.

 

Vous pourriez vous dire que c’est déjà beaucoup en soi et que ça doit suffire à être marqué à vie ?
Vous savez ce qu’est l’expérience moyenne de ce genre d’endroit ? C’est pas vraiment le calme, la rage triste contenue et la docilité. En général il faut "bousculer" (doux euphémisme) les patients avant qu’ils acceptent le traitement. Ça dure rarement une semaine, mais plus volontiers plusieurs semaines voire mois.

Quelle légitimité aurais-je face à ce genre d’expériences où là le traumatisme est incontestable ? Quelle légitimité ai-je à dire que moi aussi j’ai douillé ?
Parce qu’honnêtement, j’ai vraiment peu douillé comparé à ce qui est quasiment la règle en iso.

En fait, la question est : où commence le traumatisme, où s’arrête l’expérience supportable ?
Surtout que pour ma part j’en garde un souvenir conscient plutôt positif. Entendez-moi bien, une fois de plus : je ne dis pas que j’étais à l’aise là-bas, heureux ou même content. Loin de là. Mais j’ai conscience que c’était un passage nécessaire et qui s’est plutôt passé en douceur.

 

 

A la réflexion il me vient p’têt une hypothèse : les voix.
Les voix en elles-mêmes pourraient en tout cas expliquer la récurrence de ces souvenirs/cauchemars/angoisses.

Puisque je n’en rêve jamais autant que dans les périodes de fragilité avec voix. Comme ces dernières nuits. Même si ces dernières nuits, elles ne disaient rien de compréhensible.

Ce serait ça mon traumatisme ? Les voix ?
Et pourquoi seuls les souvenirs d’iso remontent-ils ? Parce que je n’ai pas entendu des voix qu’en iso.

Bref…

Un jour je comprendrai. J’espère. Si possible sans m’effondrer d’un coup.
Un jour…

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La rupture..?

J’ai entendu un élastique se rompre à force de traction. Dans l’intérieur de ma tête.
Soit autrement dit le dernier endroit au monde où on est censé trouver un élastique.

Bon, cela dit ce n’était qu’une petite hallucination bénigne, probablement hypnagogique d’ailleurs.
Le problème c’est qu’ainsi, la machinerie infernale s’est remise en route.
Et vas-y que je te fait imaginer un tueur qui marche lentement vers toi. Et vas-y les effets spéciaux de son souffle rauque sur mon cou.
Comment dormir avec ça ?
J’ai essayé pourtant. De toutes mes forces. Mais le moindre bruit, fût-il tout ce qu’il y a de plus banalement réel, était surinterprété de travers, comme une menace.
Alors cette nuit, je vais écouter de la musique. Beaucoup de musique. La même musique : Le catalyseur – Mass Effect 3.
Parce que c’est ce qui convient le mieux à cette nuit pourrie.

J’essaie pour l’instant de me calmer, de respirer un bon coup, d’arrêter de trembler comme une feuille morte… Mais ce n’est pas simple…

Demain est un autre jour, dit-on ? Certes. Mais il démarre mal.

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