La vieille rengaine recommence…

Durant le mois d’août 2017 (oui, si vous lisez cela en 2078, ce n’est pas vraiment d’actualité),  une série « d’attentats » (y a du plus ou moins concret derrière ce thème) a frappé encore une fois l’Europe.
Pointée du doigt, Daesh (bien évidemment). Comme souvent depuis les attentats de Charlie Hebdo.

Notre Sinistre de l’Intérieur Macronique (déjà ça commence mal) a donc jugé bon, dans une conférence de presse, de proposer de faire collaborer l’Intérieur et la Santé (les ministères et les fonctionnaires y étant attachés) pour dépister les profils dangereux qui seraient en phase de radicalisation islamique. Le but étant de prévenir de nouveaux attentats.

Bien évidemment, l’ensemble du monde des psychiatres a bondi comme un seul psychotique et s’est mis à protester de manière très véhémente.
Et moi aussi.
Permettez-moi de développer les raisons derrière cela.

Au début ça part d’une bonne intention : prévenir les cas de malades dangereux susceptibles de commettre des atrocités.
Mais deux choses ne vont pas :

1° Un malade dangereux n’est que rarement détectable avant de passer à l’acte. Parce qu’en général, un malade dangereux, on ne peut le considérer comme dangereux qu’après un acte médico-légal. Supposer que l’intention fasse le danger, c’est faire un pas extrêmement risqué, surtout en psychiatrie.

Personnellement il m’est arrivé d’avoir une sorte d’intention mâtinée de peur de passer à l’acte, qui consistait à tuer mon entourage de façon assez barbare.
Mon psy de l’époque appelait ça des phobies d’impulsion.
Etait-je dangereux ? S’il y avait eu un risque réel, mon psy aurait sans aucun doute pris des mesures radicales pour m’en empêcher vu que je ne cachais pas mes pensées.
Mais si je ne les cachais pas, c’était précisément parce que je n’en avais pas l’intention. Qu’au final, c’était un peu du même ordre que le cauchemar qu’on a de rater un examen important la veille de le passer; une manière pour le cerveau de désamorcer la crainte qu’on a. En tout cas chez moi c’était beaucoup lié à ma peur d’un jour décompenser à nouveau.

2° Il y a un gouffre entre les malades dangereux et les terroristes.

Expliquons-nous :
Un malade dangereux, c’est un malade qui, on peut le supposer, est quelque peu toujours sur le fil du rasoir question impulsivité. Ca n’a l’air de rien mais ça commence déjà mal question terrorisme. Le terrorisme ce n’est pas sur un coup de tête qu’on le commet. Ni sur un coup de folie. D’abord parce que, si on s’en tient aux thèses généralement développées, un attentat terroriste lié à Daesh implique déjà un long processus de radicalisation, ainsi qu’un temps de préparation à la commission de l’attentat. Jamais un terroriste n’a choisi au hasard les circonstances de son acte; les victimes ne sont pas prises au hasard et si elles le sont, c’est le contexte de leur mort qui n’est pas pris au hasard.

C’est la raison pour laquelle on choisit davantage des policiers, militaires, gendarmes ou autres fonctionnaires représentants la France, et pour laquelle on ne compte aucun attentat terroriste à Putanges-Pont-Ecrepin.
(Pourtant un attentat à Putanges serait véritablement ravageur pour le sentiment de sécurité du peuple français… mais de fait, ce n’est pas un village qui symbolise autant l’Etat bombardant Daesh que Paris ou Marseille)

Par ailleurs, les raisons d’un fou ne sont pas les raisons d’un terroriste. Un terroriste a un discours clair, structuré, logique, revendicatif, militant.
Bien souvent, un fou tuant durant une crise a un discours dont la teneur ferait passer BHL pour un grand esprit de son temps…
Disons qu’en pleine crise on se revendique moins de Daesh qu’on ne se revendique comme le nouvel envoyé de Dieu qui va fonder la paix dans la galaxie et nous aider à contacter les petits gris avec un entonnoir en aluminium. (Oui je sais : cliché !)

Enfin, et pour conclure je rappellerai cette triste réalité :

Les causes du terrorisme n’ont rien à voir avec la maladie psychique.
La maladie psychique est surtout liée à des histoires personnelles compliquées, des histoires familiales tendues, et touche toutes les strates de la société sans faire de différence.

Le terrorisme se nourrit d’une autre maladie bien plus sournoise…
La maladie sociale, c’est à dire l’injustice.
C’est facile de verser dans le terrorisme quand on passe sa vie dans un quartier pourri, avec pour seul horizon honnête la galère de petit boulot en petit boulot et comme seul moyen de gagner de l’argent la malhonnêteté et les trafics en tous genres.
C’est d’autant plus facile quand tu vois que tes potes prennent 3 mois de tôle pour un vol de PS4 là où un politicien véreux prendra du sursis pour avoir détourné des centaines de milliers d’€uros.
C’est d’autant plus facile quand tu te rends compte que les flics t’arrêtent dans la rue parce que tu as la mauvaise couleur de peau.
C’est d’autant plus facile quand tu entends dans les médias toujours les mêmes réacs fustiger ta religion comme une religion de haine pure, et que tu constates que c’est ce que pense la majorité des passants, dans la rue.
C’est d’autant plus facile quand des politiciens bourré de pognon parlant « au nom du peuple français » décident qu’il faudrait réduire ou supprimer des allocations familiales avec lesquelles ta famille et toi peinez déjà à vivre décemment.
C’est d’autant plus facile quand, quand bien même toute ta vie est en France, que tu es né ici et que tu essayes tant bien que mal de te démerder seul, on te considère toujours comme un étranger.

Du coup, c’est facile de dire merde à tout ça. De tourner le dos à la soumission docile à ces injustices. De décider de renverser la table, d’agir violemment et si possible en faisant couler beaucoup de sang.
Parce qu’au bout d’un moment, y a pas trente-six façons d’exprimer les humiliations, la violence subie, et autres injustices sociales.

Et parce qu’à la fin, au bout du chemin, il y a un connard de vautour qui n’attend que ça pour te livrer clef en main un espoir illusoire, une après-vie glorieuse au paradis, où le martyr a tout ce qu’il veut, à commencer par le respect et la considération de Dieu et de ses ancêtres.
C’est facile de glisser du côté obscur quand personne ne cherche à comprendre pourquoi tu y glisses. Pourquoi il ne s’agit jamais d’enfants de la bourgeoisie bien blanche qui finissent par se faire sauter ou par foncer dans la foule avec un camion.
Pourtant, n’importe qui à la base peut être enrôlé dans une secte…

C’est cruel, c’est con, c’est contre-productif, on pourrait penser. Et ce n’est pas faux.
Mais en tout cas c’est tout sauf de la maladie psychique…

 

J’en connais qui diront que je justifie les attentats.
Non.
J’explique simplement un fait : le terrorisme n’est pas une folie. Le terrorisme est, pour ainsi dire, la conséquence d’une manipulation que notre société a rendue possible en méprisant et en humiliant. Une manipulation qui comble le vide que nous avons creusé.

 

C’est atroce. C’est brutal, un attentat. On ne peut pas trouver ça juste ou légitime. Daesh ou pas, d’ailleurs.

Mais si l’on veut désamorcer des gens appelés à se radicaliser…
Demandons-nous où est-ce que nous avons merdé.

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Un anniversaire en retard, un concert et quelques nouvelles…

…Vous la connaissez, celle du gars qui était à la bourre pour le billet anniversaire de son blog ?

En réalité, j’ai une bonne excuse. Ces trois derniers jours, je n’ai pas arrêté une seconde.
De faire des photos, œuf course. Entre visite de ruines de châteaux-forts, marches continuelles sur la journée et tri de photos, j’ai eu du mal à trouver le temps d’aller sur Internet. Et lorsque j’y allais, j’avais plutôt envie de me vider la tête.

Comme quoi, même si le dernier billet est un peu pessimiste, ce n’est jamais désespéré.

En fait,  sans aller dire que tout va parfaitement bien, ça va plutôt très bien.
M’enfin, le sommeil ce n’est pas vraiment ça. J’ai des insomnies qui sont revenues. Rien de méchant, vu que je finis forcément par dormir. Mais ces derniers mois j’ai fini par me retrouver à faire une nuit blanche ou deux, et à m’endormir trop tardivement à répétition, jusqu’à en faire une habitude. D’où ce billet nocturne, conséquence directe d’une petite (j’espère) insomnie.

Mais ce n’est pas que pour ça que je devais écrire quelque chose.

 

Depuis deux jours, ce blog a QUATRE ans.

Dire que j’en suis tourneboulé serait mentir. Autant à un an de blog, c’est un bel exploit, autant à deux ans, on se demande si ça peut continuer ainsi, autant à trois ans on commence à avoir du mal à se dire que c’est juste un truc sans importance, et néanmoins qui reste étonnant…

Autant à quatre ans, je me dis que poursuivre jusqu’à cinq ne devrait pas être trop laborieux.
Pourtant j’ai fait silence radio un moment depuis la dernière fois.
Mais je n’avais pas forcément beaucoup à écrire.
A part raconter mes difficultés répétées à faire de l’argentique de manière régulière ou raconter comment le moindre grain de sable dans cette machinerie bien huilée qu’est ma vie finit par me bloquer complètement au point de m’empêcher de dormir…

…Et ça, si vous avez déjà lu d’autres billets, vous le savez déjà depuis longtemps.

Alors, que dire de neuf ?

Eh bien ceci.
Dans ma petite ville de Normandie est organisée chaque année une animation estivale façon « Paris Plage » pendant le mois d’août.
Chaque vendredi soir et chaque samedi soir sont organisés des concerts avec des groupes pas piqués des hannetons. Comprenez par là qu’ils sont de grande qualité artistique, littéraire et musicale. Tout ce qu’on aime.

Or donc, l’année précédente, j’avais eu l’audace de faire des photos d’un concert où se tenait un groupe hommage aux Beatles.
Cette année, j’ai fait non pas un mais quatre concerts. De A à Z. En photos bien sûr.
Ce qui était déjà un exploit ne s’est pas arrêté là.
Lors de l’avant-dernier concert auquel j’ai assisté, le chanteur d’un des groupes programmés la semaine suivante s’est approché de moi et m’a demandé si j’étais le photographe officiel de l’événement ou un professionnel… Ce que je ne suis pas, mais qu’on pouvait supposer au vu de mon gros appareil semi-pro autour du cou.

Après lui avoir expliqué ma situation, je me suis vu proposer de faire des photos de ce groupe lors de son concert la semaine suivante, de leur transmettre, en échange de quoi ils les partageraient sur leur facebook ainsi que le lien de mon blog photo.

Je n’étais pas certain de le faire, aussi ne leur ai-je rien garanti. Pourtant le samedi suivant, j’étais bel et bien là, assistant aux concerts de deux groupes différents, photographiant donc les deux représentations dont celle qui m’avait valu cette proposition, et leur ai transmis les photos le lendemain.
Aux deux groupes.
En allant de moi-même demander l’adresse de l’autre groupe.
Pas de doute je progresse.

Le lendemain soir, j’avais appris qu’ils avaient non seulement partagé les photos sur leur facebook mais que l’organisation de l’événement plagiste sur ma ville avait aussi relayé mes photos et mon blog photo.

Gasp.

Et le mieux, c’est que je n’ai même pas paniqué. Même si j’ai très mal dormi à la suite de ces nouvelles…

Quoi de mieux qu’une série de bonnes nouvelles pour fêter ces quatre ans de blog ?

Moi je sais !

 

 

 

UN GRAND MERCI A VOUS, VOUS QUI ME LISEZ !

Z’êtes les meilleures, bandes de xénomorphes asphériques !

Et en route pour les cinq ans !

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Hello darkness, my old friend… (air connu)

Dois-je être inquiet ?

Je l’ignore, mais ça commence à m’agacer.

Depuis un bon mois, presque deux mois en fait… Les nuits difficiles sont revenues. Oh, au début c’était trois fois rien; des nuits commencées tardivement « à cause des soirées entre amis ou avec la famille »… Puis ça a été « oui mais il fait chaud, là, on ne peut pas dormir dans un appartement à 30°C la nuit. » et après ça a été « oui mais je suis préoccupé/excité par machin, truc, bidule, chose… », le machin/bidule/truc/chose pouvant être une bonne comme une mauvaise nouvelle/idée/projet/critique, etc…

Et puis on en arrive à cette dernière semaine où j’ai enchaîné la même semaine deux nuits blanches à moins de cinq jours d’écart.

Aïe.
Oh, cela dit je récupère toujours; soit le soir, soit le matin. Ce qui ne m’aide toujours pas à trouver le sommeil la nuit suivante.

Bref. Tout cela m’inquiète, me turlupine, m’agace.

Peut-être me diriez-vous que « après tout,  des problèmes de sommeil, ça arrive à tout le monde ! Tant que ce n’est que ça, ça se rattrape facilement, surtout vu avec l’hygiène de vie que tu as ! »…

 

Ouais. Sauf que non, ce n’est pas QUE ÇA.

Ce sont aussi le retour des angoisses nocturnes, des peurs de nazgûls planqués dans l’ombre, la surinterprétation du moindre bruit, même anodin comme celui de mon chat en train de manger ses croquettes. Et dans ces moments-là, impossible de deviner si je les entends bien ou si je les hallucine.

Ce qui est sûr, c’est que le moindre jeu d’ombres à la fenêtre de ma chambre ou dans le couloir me donne lieu à plein d’angoisses variées sur le thème du « on va me tuer, je vais mourir dans d’atroces souffrances par une créature surnaturelle ».

Et encore, pour l’instant je n’ai pas d’hallucinations caractérisées à me mettre sous la dent.
Reste que je dors mal, à cause des angoisses, de mon cerveau en surrégime et de mon sommeil qui se détraque à nouveau…

Je suis censé passer au Trevicta à partir de début août. A mon avis, Psy Carré ne va pas être de cet avis quand je vais lui dire tout ça…
Je pourrais lui mentir, mais il s’en apercevra.

Il le verra à ma trogne de fatigué chronique.

Ce qui m’inquiète le plus c’est que mon cerveau est déjà en mode « prévention du pire », en me faisant cauchemarder ce qui se passera le jour où je décompenserai au club photo et comment je m’en ferai exclure.
Ce qui ne m’aide pas à trouver le sommeil non plus.

Alors quoi ? Qu’est-ce qui se passe pour que ça revienne ainsi ?

Ben justement, je ne sais pas. Ma vie n’est pas plus tourmentée, pas plus angoissée, au contraire je m’épanouis chaque jour davantage. Je n’ai pas non plus de changements d’humeur ni un comportement plus agité.
Non, je suis juste là, à m’attendre à bientôt halluciner carrément dans mon lit, en attendant la prochaine hospitalisation.

Ce qui me réjouit moyennement.

Cela ne devrait pas arriver. Je devrais être stable pour de bon. Je devrais trouver facilement le sommeil. Pourtant, chaque nuit le sommeil est un peu plus dur à trouver. Pourtant, chaque jour je m’active autant pour retrouver le sommeil.
Et pourtant chaque soir, mes fantômes reviennent me hanter, reviennent me harceler, et avec eux leur cortège de pensées sombres.

Y a un truc qui ne trompe pas : j’écoute à nouveau des musiques bien spécifiques sur YouTube, des musiques caractéristiques de mes périodes difficiles, qui sont comme un signal d’alerte avant le déraillement.

Pourtant je n’ai rien fait pour ça. Vraiment rien. Au contraire, je fais tout pour éviter cette saloperie…

… Et aujourd’hui, une fois encore, elle me rattrape.

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Liberté… Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie !.. Pas du tout !

En ce moment circule une citation de Eisenhower (je crois) qui fait fureur sur Twitter.
Cette citation dit en somme que le lieu le plus sécurisé du monde est en prison.

(Non, je ne dis pas la chute tout de suite, vous allez la deviner par la suite.)

 

Moi, je ne suis clairement pas d’accord avec ce cher général. La prison n’est pas le lieu le plus sûr du monde.
Le lieu le plus sûr du monde c’est une bonne vieille chambre d’isolement en HP.

La preuve ?

En isolement, vous ne risquez pas de vous faire dépouiller par un patient.
En isolement, vous ne craignez rien en tant que violeur de la part des autres patients.
En isolement, personne ne vous punit d’avoir un comportement inadapté ou violent.
En isolement, vous ne risquez pas d’être à la rue, d’avoir froid, chaud ou faim.
En isolement, vous ne craignez pas l’insomnie ou la nuit blanche.
En isolement, personne ne va vous agresser.
En isolement, on peut même vous protéger de vous-même.
En isolement, vous n’avez à vous soucier de rien : ni des factures, ni de votre date de sortie, ni de l’avenir, ni des heures de lever et de coucher, ni du menu du jour.
A la rigueur vous pouvez même vous pisser dessus et vous chier dessus : en isolement si ça arrive, on préférera sans doute vous mettre une couche si vous avez ce genre de réactions incontrôlées.

L’isolement, si vous voulez savoir, c’est un peu le seul endroit au monde où vous n’avez à vous préoccuper de rien, pas même de vos besoins de base.
En prison, c’est largement différent.

Bon.
Après, je dois signaler qu’en isolement, vous êtes enfermé entre quatre murs, sans échappatoires, sans possibilité de voir l’extérieur, le dehors. Vous êtes à la merci des infirmiers et du psychiatre qui prennent en charge votre existence entière, quitte à ce que ce soit malgré une volonté contraire, quitte à faire preuve de violence pour vous imposer leur volonté. Et cette violence est légale, ou au pire légalisée a posteriori.

Vous ne voyez personne d’autre que vous geôliers, en isolement, et ce sont toujours les trois mêmes personnes.
Vous n’avez aucune nouvelle du monde extérieur non plus : pour quoi faire ?

Mais bon, c’est pour vous mettre en totale sécurité qu’on se permet de vous y coller.

Une sécurité totale vaut bien parfois une privation de liberté totale, non ?
Après tout, les geôliers de la personne isolée sont forcément bienveillants et animés (TOUJOURS !) de la volonté d’aider cette personne à aller mieux. On n’a jamais puni une personne par de l’isolement. JA-MAIS… Mais non ! Puisque je vous le dis !

 

 

 

En ce moment, Emmanuel Macron, président de la République Française, s’apprête à faire voter la pérennisation de l’état d’urgence dans la loi ordinaire avec au programme entre autres choses la pérennisation des perquisitions administratives et des assignations à résidence, sans contrôle du juge judiciaire. Sur simple décision du représentant de l’Etat (soit le préfet).

Qu’est-ce qui pourrait mal se passer ?

Françaises, français, mes chers compatriotes… Vous aimeriez goûtez aux joies de l’isolement thérapeutique ?

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Expertise !

Il y  a de cela une dizaine de jours, j’attendais impatiemment le courrier de la MDPH concernant le renouvellement de mon AAH. Ce fameux courrier qui me confirmerait que j’ai été accepté pour le renouvellement et que je suis à nouveau tranquille pour deux trois ans.

Mais ce jour-là ce n’était pas exactement une lettre de la MDPH qui m’attendait.

Ce jour-là, c’était une lettre d’un médecin-expert-psychiatre auprès de la MDPH.
TA-TAAA-TAAAAAAAAAAAAAAAM !

Ben oui. Et il me donnait rendez-vous pour la semaine suivante (vendredi dernier donc), tôt le matin, pour une rencontre d’expertise afin de déterminer où j’en étais.

Je ne peux pas dire que j’ai pris ça bien.
En fait j’ai passé une semaine d’attente épouvantable. A dormir deux fois moins que d’habitude, à raison de nuits commençant à 2h du matin au mieux et à avoir l’impression qu’un acide me rongeait perpétuellement l’ensemble de mon ventre et de mon abdomen.

En gros : j’étais angoissé sa mère la coloquinte.

La veille au soir, je sentais bien que le rendez-vous allait être épique et que je risquais d’être angoissé durant le rendez-vous.

Si j’avais su…

Le jour du rendez-vous, j’étais à un niveau d’angoisse OVER 9 000 !
Tant et si bien que lorsque j’entrai dans le cabinet du psychiatre-expert… Je ne pus simplement le fixer lui, je fixai son bureau à côté de sa main (ce qui, chez moi, est un signe d’alerte rouge !), n’arrivant pas à m’exprimer normalement (ça allait de la bafouille à la répétition de mots en écho, au blocage pour retrouver ce que je voulais dire, la voix qui avait changé, qui tremblait et j’en passe) ni à simplement ne pas vibrer comme un guide Michelin qu’on aurait confié à Clara Morgane.

 

En fait je ressemblais pas mal à ce à quoi je ressemble quand je décompense.
Sauf, bien sûr, que si j’avais décompensé dans son bureau, je ne serais pas de retour si rapidement et je ne serais pas en train de vous le raconter au calme…
J’étais juste à mon plus haut niveau d’angoisse depuis longtemps.

Bref. A part cela, je suis resté dans son bureau un temps très court. J’ignore si c’était une bonne ou une mauvaise chose. Tous me disent que ça prouve juste qu’il savait déjà ce qu’il allait préconiser et donc que c’est dans la poche… Mais j’ai quand même peur…

Et bon, si vous voulez, je ne suis pas schizophrène pour rien; angoisser, redouter le pire, prévoir le pire, croire au pire, tout en ayant du mal à simplement contenir tout ça sans risquer l’implosion… C’est un peu une seconde nature.
Je suis soulagé cependant que ce soit « fini », qu’il n’y ait plus qu’à attendre. Je suis surtout soulagé parce qu’on m’a changé efficacement les idées ce week-end, parce que sinon je serais encore en train de me rouler en PLS dans un coin.

Définitivement je ne suis pas très résistant. Ni très endurant. Ni très efficace pour raisonner simplement et normalement. Ni très sociable. Ni très adapté à la vie en société en fait. Ni même juste prêt à travailler. Déjà avec un psychiatre neutre et bienveillant je me fais dessus à l’idée d’avoir un rendez-vous (et oui, même avec Psy Carré)…

Z’imaginez si demain je vais au turbin dans une usine ou comme larbin dans une quelconque entreprise ?

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J’ai juste une chose à dire…

Ouf !

 

 

 

 

Et maintenant, retour à la médiocrité ambiante habituelle, sur ce forum comme dans la vraie vie…

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V pour Vendetta…

… Non. Ne rêvez pas. Je ne vais pas parler des récents événements.
Non. N’insistez pas. De toute façon ça fait cauchemarder tout le monde, au final les idiots vont voter Le Pen et Fillon, et on va se retrouver avec des crétins abyssaux d’extrême-droite au gouvernement dans les deux cas. Joie.

Non. Je vais parler de ce que j’ai regardé hier soir en replay.
J’ai regardé une émission type « faites entrer l’accusé », mais présentée par un pervers pédophile notoire qui prétend faire du journalisme.

Voilà, vous situez ?

En l’occurrence, cela parlait d’une affaire de meurtre dans le bordelais.
Plus précisément de l’histoire d’un adolescent de presque seize ans qui se fait poignarder au niveau du cou par un camarade de classe qui prend la fuite.

Bon, le camarade a vite été retrouvé, il s’est rendu un peu plus tard.

A partir de l’instant où j’ai entendu le résumé de l’histoire, j’ai quasiment immédiatement deviné le mobile du meurtre. Trop fort.

Parce que bien sûr, malgré toute la tristesse des proches, des autres élèves et malgré le battage médiatique autour de ce faits-divers, il était évident qu’un élève qui en poignarde un autre en cours ne le fait que rarement par hasard (ou sur un coup de folie).

Parce que bien sûr, cette histoire était celle d’un adolescent de 15 ans rejeté par ses condisciples, moqué, voire carrément persécuté.
Parce que bien sûr, la victime du meurtre, décrite comme « très sociable, à l’aise avec les autres, sans ennemis connus »… était un des harceleurs les plus virulents.
Parce que bien sûr, certains amis de la victime n’ont toujours pas pigé pourquoi c’est arrivé.

Parce que l’explication à ce drame humain, c’est que si le meurtrier a bien été condamné et si Justice a bien été faite, notamment en prenant en compte le harcèlement dans la peine prononcée, l’explication disais-je, c’est qu’il manque le commanditaire de ce putain de meurtre.

Le commanditaire qui n’est autre que l’ambiance générale de notre société, notre volonté de faire de nos enfants des compétiteurs prêts à écraser autrui afin de dominer, volonté venue de notre propre entêtement à tous à passer devant les autres, quitte à tuer par les mots ceux qui sont moins forts que nous.
Parce que bien sûr, nous vivons dans une société violente, de cette violence invisible, ou trop souvent tue, qu’est la violence des inégalités, des étiquettes et du refus de la différence.

Parce que, au fond, ce jeune meurtrier a sauvé sa propre vie en supprimant celle de son harceleur. Parce que c’était lui ou son harceleur. Parce qu’au fond, la société ne s’inquiète pas des suicidés, mais bien des meurtriers, quand bien même il y aurait une cause commune.
Parce que dans ce monde de merde, le seul moyen de se faire entendre pour ceux qui sont invisibles, réduits au silence, moqués, maltraités, ignorés des autorités (quand elles n’empirent pas la situation sciemment), c’est de renverser la table, de faire un coup d’éclat et de faire couler le sang pour qu’enfin on les entende…

C’est bizarre, cette conclusion semble faire écho à quelque chose de récent, mais je ne sais  pas quoi…

Bref.
Pensez ce que vous voulez.
Plus que jamais on se focalise sur les causes immédiatement visibles, et plus que jamais on oblitère par confort les causes profondes, celles qui font que de tels drames finissent par arriver.

Faire couler du sang  est un gâchis en plus d’être un drame.
Mais bon… peut-on en vouloir à une victime d’un ordre social injuste de se faire entendre de la seule manière qui lui est possible ?

…Probablement, oui. Et pourtant, nous oublions trop souvent de faire la critique de nos  propres travers, ceux-là même qui rendraient les condamnations de ces actes enfin légitimes et justes.

Parce qu’en attendant, c’est juste le chaos. Et la vendetta.

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