Club photo, cours et nitrate d’argent…

Bon, il est temps de faire cesser le suspense :

 

Oui j’ai donné cours à mon club photo, et oui j’y ai survécu, même si j’étais extrêmement stressé… Bon d’accord. J’étais terrorisé, en panique totale, j’ai dit des contresens, j’ai été maladroit à plusieurs occasions, mais je l’ai fait.

Suite à cela, j’ai passé une journée entière (mardi) catastrophé, à m’imaginer les pires apocalypses sur ce qu’avait été mon cours. On peut dire que j’étais vraiment pas bien. Vraiment.

Même aujourd’hui, c’était pas glorieux, même si beaucoup mieux.

Et puis… En arrivant au club photo pour la reprise générale, je me suis retrouvé entouré de gens qui m’ont salué chaleureusement, m’ont remercié pour ce que je faisais pour le club. deux d’entre eux m’ont même complimenté sur mon cours du lundi.

Que demande le peuple ?
Bon ça n’a l’air de rien, comme je le raconte, mais ça a été un immense, un infini soulagement. La journée entre les deux séances (mardi) a été moralement très éprouvante, à peu près aussi éprouvante qu’une journée de crise dépressive…

 

Et puis… il y a autre chose qui, j’avoue, a fini de me remettre d’aplomb.
J’ai fait quatre photos.
"Quoi ? C’est tout ? Avec le superbe temps qu’il faisait ? C’est un scandale de se féliciter d’avoir fait quatre photos : même ma grand-mère arthritique en fait plus les jours de pluie !"

Oui mais attendez !

J’ai fait quatre photos en argentique noir et blanc. Car le prof du cours débutant m’a confié un reflex argentique que je ne paierai que quand j’aurai développé ma première pellicule.
Mine de rien l’argentique c’est un monde très différent : on ne réagit absolument pas de la même manière. D’abord parce que pour pouvoir m’en servir, il m’a fallu dépenser 20€.
Ensuite parce que du coup, on ne mitraille pas. On prend le temps de réfléchir à sa photo.
Et c’est ce que je fis.
Résultat : quatre photos me firent le même effet qu’une quarantaine faite en numérique.

Comprenez par là que la photo m’apporte un véritable bonheur au quotidien, c’est une des façons que j’ai de m’assurer une bonne journée : jouer de l’obturateur.

Je suis aux anges, car l’appareil semble marcher à merveille. Mais bien sûr, il peut toujours y avoir des surprises au développement; cet appareil n’avait jamais été testé depuis sa récupération.

Voilà. Il ne me manque plus qu’une chemise à carreaux, et je serai un Hipster !

 

Damned ! Je vais devoir faire bien attention… Le côté Hipster de la Force, ce n’est vraiment pas pour moi… Mais j’y glisse lentement.

Disons que je suis simplement un geek photo, rien d’autre.🙂

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Au fait…

Pensez à moi ce soir.
Je vais donner mon premier cours de ma vie. Bon, cours de photo pour les débutants d’un club. Et en plus je serai épaulé par le prof "officiel" du club, et de toute façon ça n’a rien d’un rythme acharné ce que je vais faire.

Mais bref. Pensez à moi, parce que je vais passer une journée à stresser et ça va être la panique cinq minutes avant de prendre la parole. Et au final, je pense (j’espère) que ça va bien se passer.

Bon. Allez. Maintenant, essayons de nous détendre…

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Bis repetita non placent…

Bon. Bon bon bon… Bon.

Quand je récapitule les deux dernières années que j’ai passées, c’est à dire les deux années depuis mon dernier séjour en HP, je constate que ce sont de loin les deux meilleures années de ma vie (bon d’accord, ma vie est loin d’être finie…).
Pourtant, au milieu de ces deux ans, j’ai connu un autre épisode psychotique qui se serait fini en HP si j’avais osé appeler à l’aide. M’enfin, c’est un peu ironique comme formulation, sachant ce que peut être un séjour en HP, même volontaire.

Bref, ça n’a pas été une période de tout repos. Néanmoins, depuis ce dernier épisode de décompensation en juillet-août 2015, j’avais fait un début de croix sur mon instabilité permanente et m’étais mis à espérer être en rémission ou au moins stabilisé…
Ce n’est pas si simple, si facile que ça. Cela ne l’est jamais.
Je me souviens que mon psy avait dit, lors de la dernière hospitalisation, à mes parents que des autres crises, des autres visites en  HP, il y en aurait. Que j’allais probablement osciller entre vie normale et séjours en HP, même si de son aveu je faisais partie des patients les plus agréables et les mieux armés qu’il connaisse.
C’est censé être ça ma vie ?
J’écris tout ceci à 3h41 du matin, alors que c’est la seconde nuit blanche de la semaine que je subis.
Je n’aime pas ça, autant le dire nettement.

Je me console en me disant qu’il s’agit de la reprise du club photo, qui me met dans cet état. Surtout que je vais assister le prof du cours débutant -doux euphémisme pour dire qu’en fait c’est lui qui va m’assister, il me fait confiance et a envie de me voir faire le maximum du cours- à partir de la semaine prochaine, et que, comme tout prof débutant, je ne cesse d’y repenser au fil des jours et des nuits, comme un comédien qui a le trac avant sa première représentation en public.

Seulement, voilà… Je pense sincèrement que ce n’est que ça : une manière de me consoler. Il y a d’autres indices que l’insomnie : le fait que j’écoute à nouveau plein de musiques tristes, ma perte d’énergie récente, mes pensées qui tournent H24 comme des folles, mon jukebox personnel qui ne me lâche plus, mes sensations de haine qui ressurgissent au gré des fantaisies de mes pensées anarchiques, mes manies de répéter ce que j’ai en tête à voix haute ou ce que j’ai entendu dans la vraie vie… Et mes débuts de délires variés qui reprennent du poil de la bête. Mes débuts d’hallucination qui s’installent, mes angoisses au moment de dormir. Tout un sacré cortège de saloperies annonciatrices d’une catastrophe.

Comment négocier ce virage délicat ?
J’ai peur d’avoir au minimum l’obligation de parler de mes vrais troubles à mon prof de cours débutant. Il me fait confiance, semble m’apprécier sincèrement et m’estime sans aucun doute.
Néanmoins, vous imaginez bien que dire à quelqu’un : "en vrai, je ne suis pas QUE épileptique, je suis surtout schizophrène." ce n’est pas facile et le résultat n’est pas moins incertain sous prétexte que vous pensez connaître la personne en face de vous.
Le problème étant que si la situation insomniaque dure, ce sera signe que je me dirige tout droit vers un séjour en HP et que si je me retrouve en HP, il s’en apercevra et cherchera à savoir ce qui m’est arrivé. Il ne lui sera pas dur de comprendre qu’un truc cloche quand il apprendra que "on ne peut pas lui rendre visite".
Par ailleurs, le fait d’avoir un allié comme lui au sein du club photo représenterait un avantage certain en cas de d’accrochages.

Qui peut prétendre connaître le sens de mes agissements ?
Qui peut mettre un nom sur la teneur de mes sentiments ?
Qui peut bien me définir caché derrière un écran ?

Oui, qui le pourra ? Oui, qui le pourra ?
Tu cherches à donner un sens strict à mon identité,
Mais finalement, qu’est-ce qui définit mon identité ?
A quoi bon être sain d’esprit si je suis incomplet ?
Je sais maintenant ce que je suis vraiment !

(85 – Fanmade SLG – AngelMJ)

 

 

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An Karanir Thanagor…

Je ne sais pas aimer.

Pire que tout, je ne sais pas aimer alors que tout est là, au fond, tout au fond.
Je ne sais pas exprimer mes sentiments. Je n’ai pas de vrais sentiments. Ils sont tous fades, amoindris, atténués.

Les rêves me parlent parfois des chances que j’ai loupé, de toutes ces occasions ratées d’avoir quelqu’un à mes côtés.

Je suis un bloc de glace.

Je sais à peu près paraître bien en société, mais je ne sais pas, vraiment pas, exprimer l’attachement, l’amour, l’amitié, la fraternité.
Pour autant je ne saurais pas vivre seul. Néanmoins mon entourage me semble être par moments davantage des présences qui se déplacent (comme une télé sur pattes) que des gens qui m’aiment et que j’aime.

Ce froid qu’il y a en moi, c’est à la fois une seconde nature et une souffrance. Comme si ce que j’étais devait me faire souffrir.
D’ailleurs, je n’ai jamais pu me supporter, ni moi, ni de me regarder dans un enregistrement vidéo ou audio. Ou même de voir mon reflet dans une glace.
Mais plus que tout j’ai honte de qui je suis, de ce qui fait que je suis moi.

J’aimerais être quelqu’un d’autre, quelqu’un qui s’aimerait et qui aimerait.

Mais ce n’est pas possible, n’est-ce pas ?

Est-ce une fatalité que de devoir vivre seul ou des relations à court terme ? Être incapable de s’attacher à une personne particulière ?
C’est ça ma vie ?

O Thanagor…..
An Karanir Thanagor,
Mor Ok Angalor.
Mor Ok Gorum
Palahm Raval.
Ro-mun A’l Ga
Ballog A’l Enthu
Korok Na Boda…
Ha! Ma! Da! Ma!
Erigo Eo Draco Modo!
Mor Ok Gorum Pala’ahm
Mor Ok Croval Angalor
Thanagor…..
Mor Ok Gorum
Pala Ah’m raval
Specto Su Praesenti…
Caligo Caelum…
Mor Ok Croval Anga’lor
Karanir Thanagor….
Karanir Thanagor!

(Paroles de Karanir Thanagor, thème du Roi-Liche de Warcraft III et World of Warcraft. Ceux qui connaissent comprendront.)

 

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Cauchemars, cauchemars, il n’y a plus d’ex, ROAAAR !

Ça ne va pas si bien que ça, en fait.

Cela fait déjà plusieurs semaines, en gros depuis le dernier rendez-vous chez Psy Carré (à peu près) que je dors moins bien, que je me réveille trop tôt ou trop tard, soit vers 4h30 du matin, soit vers 10h30 comme hier.
Et aujourd’hui j’ai eu droit au bonus cauchemar sentimental au réveil.
En gros, je rêvais que mon ex était venue me rendre visite chez moi, sauf qu’elle s’était amusée à déposer son pyjama dans ma chambre, sur mon lit. Et qu’en allant lui expliquer que ce ne serait plus jamais possible, je me rendais compte que la porte d’entrée de mon appartement était grande ouverte, le balcon aussi et que mon chat était en train de s’aventurer dans l’appartement mitoyen via le balcon, sans aucune surveillance de sa part, et comble du comble, que l’électricité ne fonctionnait plus.
Là, mon sang, dans mon songe, n’a fait qu’un tour et j’ai commencé à avoir des mots avec mon ex, jusqu’à ce que je lui dise que j’amais trop mon chat pour le laisser filer où il veut au risque de le voir écrasé par une voiture, ce à quoi elle me répondit en me demandant si elle je l’aimais. Et à quoi j’ai répondu en chialant que oui, que c’était évident, que ça n’avait jamais cessé d’être vrai, mais que même si j’étais effondré de n’avoir pas réussi à exprimer mes sentiments pour elle durant notre relation, c’était derrière nous, qu’il fallait passer à autre chose, parce que je n’en serais pas capable malgré cela, même si je le voulais très fort…
Ce qui eut le don d’apaiser immédiatement mon ex-de-rêve, et de finir mon cauchemar par un réveil dans la réalité, un réveil douloureux, mais sec. Avec en fond la voix du Bison du dessin animé Street Fighter qui me répétait "Cet endroit n’est pas le fruit d’une illusion", avec un écho de dingue, un peu façon cathédrale, le froid du son y compris.
Comme si mon esprit me répétait que non seulement j’aimais toujours mon ex, mais qu’en plus il ne fallait pas croire que cet amour était illusoire… Que rien n’était fini.

Je déteste ce genre de cauchemar. Au moins les cauchemars sur fond d’HP ne laissent pas ce goût de douleur intime en bouche.

Là, c’est comme si mon esprit m’avait hurlé que j’étais un abruti fini.

Et ça fait quelques semaines déjà que les réveils matinaux trop précoces durent, que je fais des nuits très courtes à base de sommeils hachés au rythme d’un cycle entre deux réveils carabinés.

Et au final, des nuits que je récupère le matin jusqu’à midi au moins.
Et au final, des nuits où je sens bien que je n’ai pas sommeil au moment de me coucher.
Des nuits comme ça, il y en a plein en ce moment et je ne sais pas pourquoi.

C’est juste horrible à supporter.

J’aimerais beaucoup fêter mon année entière de bien-être… J’y suis presque.

Mais pourquoi la rémission doit-elle être si chaotique là où il n’y a aucun événement négatif dans ma vie consciente ?
Je veux m’en sortir, mais mon esprit semble me hurler que je suis encore un miroir brisé et irréparable..

Bon… Allez. On va dire que c’était une mauvaise nuit et que ça va se réguler gentiment. Peut-être s’agit-il d’une mauvaise période à cause de souvenirs difficiles, genre du bonheur de ma relation avec mon ex, au début. Avant que tout ça soit officiel.
Peut-être que la rentrée se passera mieux, surtout qu’il y aura à nouveau le club photo pour m’occuper. C’est p’têt aussi ça qui me manque… Juste ça.

Allez. Bonne matinée à tous.

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Trois ans.

Trois ans. Ce blog a trois ans et j’ai du mal à le réaliser.
Bon, des blogs aussi vieux, il y en a plein les tréfonds d’Internet… Mais un blog qui marche comme le mien (bon, on va dire qu’il marche gentiment. Ce n’est pas un incontournable de WordPress, c’est même plutôt un blog peu connu, mais tout de même, il n’est pas aussi passé sous silence que je l’aurais cru lorsque j’ai décidé de le créer.

Mais ce n’est pas tellement ça qui m’empêche de clairement réaliser.
Le truc qui me cloue littéralement, c’est de voir l’évolution du personnage que je suis, moi, Numenuial, sur toute cette durée. Je suis passé d’un niveau que je qualifierais parfois de °Oo_DaRk_SaSuKeRoXX0R_du_69_oO° (je vous épargne le choix de couleurs qui va avec ce genre de pseudo. Je suis trop bon, je sais. Surtout avec un peu de moutarde.) à un niveau de presque normalité, genre Mich’Mich qui va chercher son pain chez la boulangère et qui va lire son journal à sa terrasse.

… J’ai dit "presque" ! Pas la peine de ricaner méchamment, j’vous entends, là, les deux cinq dix cent mille du fond….

Grrrrmmmblblb, les jeunes de nos jours… De mon temps on allait à l’école dans la neige, dix kilomètres à pied, et à Noël on avait une orange et on se plaignait pas….

Bon, d’accord, ma vie ne ressemble pas à celle de Mich’Mich. En fait je vis une existence paisible, loin de toute contrainte liée au travail salarié entrecoupée d’injections de Xeplion toutes les trois semaines et de séances photos quotidiennes.

Tenez, par exemple aujourd’hui, je suis allé à un petit concert Rock organisé par la ville. J’ai pu faire des photos, c’était chouette.
Mais il y a encore un an, je me serais chié dessus à l’idée de faire cela.
Maintenant, j’ose prendre la parole à mon club photo (!), d’ailleurs je vais à un club photo (!!) et en plus on m’a permis de me sentir à l’aise dans un groupe, ainsi (!!!). Pour un peu, je demanderais bien où est cachée ma poupée vaudou…

Bref.
J’en viens à ce que j’avais en tête en écrivant ce billet des trois ans.
Plus que de faire un compte-rendu annuel de ce blog, j’avais envie de faire un retour sur ce que disent souvent les gens qui vont bien, pour qui tout va bien, aux gens qui vont mal.

Vous savez, soit parce que vous l’avez déjà dit, soit parce qu’on vous l’a déjà dit : pour aller bien, il faut se bouger, sortir, voir du monde, bref, ne pas se renfermer sur soi.

C’est une phrase très très TRÈS con… Et pourtant c’est du pur bon sens.
Le problème, c’est que le bon sens manque de subtilité, bien souvent.
En fait c’est évident que c’est en entrant dans ce cercle vertueux de la vie sociale positive, en allant vers les autres et vers la vie, qu’on finit par aller mieux, bien mieux.

Le problème que ne comprennent pas les gens qui répètent à l’envi ce genre de phrase (et si vous en êtes, s’il vous plaît lisez ce qui va suivre, c’est important) : c’est qu’on ne choisit pas quand on va réussir à entrer dans ce cercle vertueux. Les cercles dans lesquels sont les gens qui souffrent, ces cercles vicieux, aspirent littéralement la personne, un peu comme une fourmi est aspirée par la bonde de la baignoire qui se vide. Et l’image est assez exacte, on est aspiré par un vortex contre lequel on ne peut pas lutter.

Les médicaments, que ce soit contre la dépression, le trouble bipolaire, la schizophrénie, les TOCs, les phobies et j’en passe… ne font que vous donner la possibilité de vous retrouver contre la paroi de la baignoire à mieux supporter le courant, à pouvoir vous accrocher contre vents et marrées, le temps que vous repreniez des forces.
C’est une question de force manquante, ce qui empêche les gens qui souffrent d’aller vers les autres. Les médicaments sont là pour leur donner le temps et l’occasion de souffler.

Je vous garantis que personne, strictement PERSONNE n’aime souffrir ou déprimer.
Les préjugés du genre "celui-là il aime se rouler dans son caca/se complaire dans son malheur", c’est de la merde radioactive enrichie.
En fait, si certains se donnent l’impression d’aimer leur malheur, c’est uniquement qu’ils ne voient rien d’autre et qu’au moins, leur malheur ils connaissent et "savent" à peu près survivre avec. Un peu comme une fourmi qui aurait un caillou à transporter dans la flotte. Elle sait faire et elle ne lâchera que quand elle saura ne pas pouvoir faire autrement.

Comprenez que des tas de gens vivent malheureux et préfèrent leur malheur connu à un saut dans l’inconnu, car pouvant être porteur de bien pire;  contrairement à ce qu’on croit, les gens qui souffrent savent très bien qu’il y a plus malheureux qu’eux, et c’est justement pour ça que souvent ils préfèrent être malheureux que tenter un coup de poker, même quand leur entourage prétend que c’est sans danger.

En fait, c’est seulement quand on a récupéré assez de forces, qu’on se sent prêt, qu’on franchit le pas et qu’on se lance dans ce cercle vertueux qui nous emmène jusqu’à la surface. Jusqu’au plancher des vaches.

Ne jugez pas ceux qui souffrent. Ils font leur possible pour s’en sortir et savent mieux que vous s’ils sont prêts à remonter. En aucun cas ce n’est de l’idiotie de leur part de ne pas remonter. Remonter à la force brute sans avoir les forces pour, c’est un coup à se noyer pour de bon.

Et vous, si vous êtes de ceux qui souffrent constamment, qui êtes malade, désespéré peut-être, voire suicidaire…

Sachez le : cette ombre ne fait que passer. Même les ténèbres doivent passer, un jour nouveau viendra et lorsque le soleil brillera il n’en sera que plus éclatant.

(Samsagace Gamegie est vraiment un chouette Hobbit. Vraiment.)

Surtout, si vous ne me croyez pas… Lisez ceci :

Il y a deux ans à peine j’étais sorti depuis quatre mois d’HP. En août 2014 j’avais encore un mois et demi à passer avant d’y retourner une fois de plus, et dans des conditions beaucoup moins faciles.

J’étais au bout du bout. Je pensais que je ne connaîtrais que ça : une vie morose entrecoupée de crises psychotiques se finissant à l’HP. Voire en isolement. Avec des injections mensuelles de neuroleptiques et une fatigue à décaniller un pangolin.

Deux ans plus tard, je suis membre d’un club photo, moi qui ne pensais pas possible de vivre une expérience positive dans un groupe quelconque. Mieux que cela, ils me font confiance pour tenir à jour le blog de ce même club. Avec leur confiance, leur soutien, j’en suis venu à oser prendre des photos dans la rue, tous les jours (ou presque). J’ai même représenté ce club pour des séances photos où j’étais le seul disponible. Et mes photos ont beaucoup plu !

Depuis, j’ai retrouvé un sommeil normal ! Une première depuis mon enfance. Je me lève et me couche à des heures normales (bon sauf ce soir, mais ce soir c’est "anniversaire". Alors hein.)

Depuis, j’ai retrouvé pour ainsi dire une banane d’enfer. Je suis même sorti pendant un an et demi avec une fille. UNE FILLE ! Et j’ai toujours de bons contacts avec elle… J’ai même surmonté sans trop de mal la rupture (Ça reste une rupture, hein…).

Depuis, pour la première fois de toute ma vie, mes parents n’ont plus peur pour moi, ne sont plus inquiets ou sur le qui-vive quant à mon état de santé.

Bref. La vie dont je ne rêvais plus…

Une telle vie est possible. Elle m’est tombée dessus un beau matin. Je ne sais trop comment. Mais je fonctionne toujours ainsi, par à-coups, et en deux ans les progrès que j’ai réalisés sur tous les plans (y compris médicaux : ma schizophrénie en est presque réduite au silence !) ont été colossaux.

Vous aussi pourrez y arriver. Peut-être plus vite, ou peut-être moins vite… Mais vous aurez votre tour vous aussi.
Surnagez, accrochez-vous, luttez.
Car au bout de l’enfer commence le paradis. N’abandonnez pas.

Et pardonnez ceux qui vous parlent maladroitement de vous donner un coup de pied au cul. Ils veulent vous venir en aide, mais n’ont pas la compréhension psychologique que requiert de vous venir en aide. Mais ils en ont l’intention. Donc ils vous aiment.
Il y a toujours, quelque part, quelqu’un qui tient à vous.
Si ça peut vous aider à rester sur cette Terre, pensez-y.

Et courage à vous.

 

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Nul…

Serais-je capable de citer honnêtement une qualité chez moi ?
Cette question je me la suis posé après avoir regardé une autre de ces sombres daubes télévisuelles qui font le quotidien de ladite lucarne.

Franchement, même avec la meilleure volonté du monde, je serais incapable de dire à voix haute une quelconque qualité chez moi… Parce que je ne pense pas en avoir.

Ou plus exactement, aucune qui ne mérite d’être couverte d’éloges.
En fait, j’ai deux trois "qualités" sympathiques : je sais faire des photos, je suis gentil, loyal… Mais pas plus que ce que n’importe quel glandu peut se vanter.
En fait c’est ça : je suis désespérément moyen, désespérément médiocre niveau personnalité.
Je sais qu’il existe pas mal de gens dans mon entourage pour affirmer le contraire devant moi.
Mais soit ils sont hypocrites, soit ils ne sont pas objectifs. Je ne vois pas d’autre explication.
Pourquoi ?

Parce que j’ai beau chercher, je ne trouve rien qui me différencie fondamentalement des autres. On exceptera la schizophrénie qui n’est pas une option personnelle choisie mais une maladie.

Voilà, le constat est là : je ne crois pas posséder la moindre qualité qui me singularise un tant soit peu de la foule.
Ma personnalité est plate, linéaire, prévisible. Mes talents sont tous des talents médiocres voire carrément des non-talents.

Et ne citez pas la photo par pitié ! Car oui je pratique la photo, mais je suis loin, très loin d’être bon. Il me manque l’essentiel : un sens artistique.

Quant au don pour l’orthographe, ce n’est une qualité que pour les Grammar Nazis, les autres s’en moquent voire s’en agacent.

 

 

 

En même temps je sais qu’on est tous censés être assez différents d’autrui pour avoir une chose dont être fier.
Mais je n’y arrive pas. Je n’arrive pas à me dire fier de moi ou fier d’une quelconque qualité.

Parce qu’on m’a tellement bourré le mou avec l’idée que j’étais un raté, un asocial, un nul, un arrogant (par-dessus le marché je suis nul et arrogant), un lèche-bottes…

Que je n’arrive pas à m’enlever cette idée de la tête.
On me l’a trop profondément ancrée.

Je suis nul.
Et je resterai nul.

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